14-07-2014 - Torotoro, BolivieTorotoro, le pays des dinos

Reveil a 6 h, il fait encore nuit, on fait un petit tour au marche pour un petit dej succulent : on decouvre les buñuelos, des sortes de bugnes boliviennes sur lesquelles on rajoute du sucre ou du sirop d erable a volonte. Un cafe et mate de coca et on est d attaque. On rencontre un couple de francais adorables, Kevin et Elise, avec qui on decide de partir en "ballade" pour la journee (on a choisi de compiler deux boucles dans le parc). Au programme : moults traces de dinos et canyon avec chutes d eau et piscines naturelles.

On quitte le village vers 8h30, a pieds, avec notre guide Carlos, qui cavale comme un lapin, faut tenir le rythme, mais l air est encore frais et les montees assez breves, ca aide. Commence alors la decouverte des centaines de traces de dinosaures prises dans l argile solidifie : c est incroyable, on en voit pas une petite comme ca au detour d un chemin, non c en est vraiment bourre de partout ! et le detail qui tue : on peut voir le trajet qu ont fait les dinos, des dizaines de traces se suivent se croisent, les carnivores, les herbivores, les bebes, les gros, c est saisissant ! le tout dans un decor toujours aussi majestueux. La marche se fait un peu plus ardue et le soleil plus ardent, et on se dirige vers le canyon. Le chemin commence a etre assez space : on traverse une grotte ( sans lampes torches et avec nos sacs et cameras, c est pas pratique mais tres drole, surtout avec Elise qui est claustrophobe), puis on escalade des rochers, on grimpe sur un sentier microscopique a flanc de falaise, on descend tout au fond du canyon pour remonter de l autre cote et reprendre un autre sentier tout aussi vertigineux. Pour une fois Audrey peut dire qu elle gere, il faut s accrocher en equilibre, glisser, s accrocher a des branches ou des rochers pour eviter la chute fatale ; . Apres plusieurs heures de marche pendant lesquelles on ne cesse de s ebahir, on arrive a nouveau au fond du canyon, ou coule une eau cristalline qui forme des piscines turquoises. On est bouche bee... Et dire qu on a ca pour nous tout seuls ! pour le moment on a croise personne !
On se croit arrives... que nenni, encore une bonne heure avant d arriver aux fameuses cascades del Vergel. On finit par croiser quelques touristes boliviens qui remontent le canyon par un " escalier" de 900 marches taillees dans la roche. On est bien contents de ne pas etre venus par ce chemin, le notre etait tellement plus scotchant !

On fait notre pause dejeuner, avec trois gaufrettes et des oreos. On essaie d economiser l eau qui s amenuise a vue d oeil... faut dire que ca tape tres fort, et qu on est assoiffes. Carlos remplit sa bouteille a une source qui coule entre deux roches moussues dans une sorte de renfoncement... on ne s y risque pas de peur que nos petits intestins d europeens agonisent sur le champ. Que c est bien de dejeuner avec une vue pareille. Les garcons vont ensuite se jetter dans la cascade, malgre l eau absolument glacee, des vrais warriors. Les filles quant a elles prennent le temps de se mouiller au fur et a mesure. Audrey n ira pas plus loin que sous les seins. L eau est tellement froide qu elle fait comme des echardes sur la peau. Evidemment le doigt de fabien devient blanc, et Audrey decouvre le joie d avoir les orteils violets. On finit par se rhabiller, un peu tristes de quitter un endroit pareil.

Commence alors le supplice inattendu : la remontee en plein soleil des fameuses 900 marches.... oh 900 marches, ca passe vite nous direz vous... ben non du tout, car meme si fabien gere, il reconnait que c est vraiment dur, et quant a Audrey... ben c est le retour de la vache morte ! ah elle fait plus la maline en equilibre sur les rochers la, oh non, la voila qui galere comme une folle souffle et tente de gerer l envie de s ecraser par terre pour y dormir/ mourir. Elle s accroche quand meme, faut dire qu elle a pas trop le choix. Elle se souvient de sa mere qui disait en Thailande "Non mais laissez moi la je vais rester assise ici dans la jungle ca va aller"... son objectif : elle s accorde une pause des qu elle voit une petite trace d ombre. Et quand il n y en a pas, ben c est la pause en plein soleil. On a plus d eau, c est l horreur. Heureusement elle a mouille son pareo qu elle s est mis sur la tete pour eviter l insolation. Fabien adorable l attend regulierement. Apres une eternite, on arrive enfin au sommet ou se trouve un mirador. Miracle, sonnez les cloches de la resurrection, on est enfin rendus.
Helas c est la mauvaise heure pour voir sur la falaise des arras en voie de disparition ( parce que les villageois les ont chasses pour leur talent d oiseaux parleurs, les cons). A cette heure la ils sont partis chercher a manger dans des endroits plus ombrages et ne reviennent qu en fin de journee, pas fous les oiseaux, ya que les humains pour crapahuter a cette heure la. Notre couple d amis nous passe gentiment un peu d eau ( faut voir l etat de nos levres : altitude + soleil = levres de lepreux, on a tous les deux la bouche craquellee version perdus dans le desert depuis trop longtemps). On pense maintenant rentrer au village... ben non, la marche continue vers d autres traces de dinos, des ponts de pierres et un theatre ou ruisselle de magnifiques cascades pendant la saison des pluies, mais totalement a sec en juillet... les boules...
Parfois des artistes locaux viennent s y produire, ca doit etre enorme. La chaleur est torride, mais on finit par se rapprocher du village avec une ultimme serie de traces au milieu d une colline ( cette fois Audrey regarde fierement son homme y grimper,pendant qu elle comate sur une pierre a l ombre).

Il est 17h30, on a fait 9 heures de marche, on s ecroule dans le bar ou se retrouvent tous les touristes du coin : normal ils ont de la biere fraiche ! on savoure avec les potes, on croise d autres voyageurs qui n ont pas du tout fait le meme parcours pour voir pourtant les memes choses. Ils ont beaucoup moins kiffe, on se rend compte de la chance qu on a eu, on en a chie certes mais cette " ballade" a ete une vraie claque, un des plus beaux paysages qu on ait vu de notre vie, l un comme l autre.

On mange un pique macho gargantuesque pour deux ( les portions en bolivies sont demesurees), et on va se pieuter... demain la ciudad de itas ( cite de pierre) et la grotte de Umajalanta.

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